
Nous passons près de 90 % de nos journées à l’intérieur, d’après l’Agence de la transition écologique. La nature gagne ainsi à investir nos logements pour les rendre plus accueillants, relaxants et propices au bien-être. Si nous n’allons pas à elle, c’est elle qui viendra à nous !
Vous reprendrez bien un peu de verdure pour lutter contre la dépression saisonnière ? Alors que nous sommes nombreux à vivre en déconnexion quasi-totale avec la nature, cette dernière s’invite dans nos maisons pour y insuffler une atmosphère sereine.
D’après les préceptes du design biophilique, l’intégration du végétal au design a en effet un rôle à jouer dans notre équilibre quotidien. Dès lors, comment laisser à nos amies les plantes la place qu’elles méritent lorsqu’on aménage un espace ou que l’on repense une décoration ? On fait le point à travers quelques astuces.




Un lien essentiel
Formée à partir de la racine « bio », « le vivant », et du suffixe « phile », « qui aime », la biophilie est « la tendance innée des êtres humains à se sentir attirés et connectés aux autres formes de vie », d’après le Larousse.
Apparu sous la plume du psychanalyste Erich Fromm, pour caractériser l’amour de la vie au sens large, le concept est ensuite théorisé en 1984 par le biologiste E.O. Wilson – par ailleurs à l’origine du terme biodiversité ! – dans son ouvrage Biophilia, où il suppose que les humains ont un attrait fondamental pour la nature.
Cette inclinaison se vérifie via de nombreuses études mais aussi à travers le ressenti tout personnel que procure un séjour au vert : relaxation, réduction du stress, pensées positives, augmentation de la concentration… Il est donc peu étonnant que le monde de l’architecture, en cherchant à mettre le bâti au service de ses usagers ou de ses habitants, s’intéresse à cette notion. On parle ainsi de conception biophilique pour désigner ces constructions et aménagements qui font la part belle à l’intégration de la nature.
Un épanouissement réciproque
Le premier pas consiste à adopter des plantes d’intérieur dans chaque pièce de la maison, en fonction de l’espace disponible, mais aussi et surtout en veillant à respecter leurs besoins.
Ce qui conduit par ailleurs à porter une attention particulière à la lumière naturelle, un paramètre qui joue lui aussi grandement sur le moral !
Le faux philodendron (Monstera deliciosa), la fougère de Boston, le pothos ou encore le pachira peuvent par exemple s’épanouir dans l’humidité d’une salle de bains. Le lierre, le yucca, l’aloe vera ou encore la lavande, voire la menthe, contribuent de leur côté à la sérénité d’une chambre, tandis que les modèles imposants, à exposer près des fenêtres, font sensation dans un grand salon ou un espace haut de plafond.
On songe de nouveau au Monstera mais aussi au bananier nain des Canaries, au kentia, au figuier lyre ou à l’arbre bouteille. Enfin, certaines plantes dites « increvables » constituent de formidables alliés pour qui n’a pas la main verte : zamioculcas (dit ZZ Plant), crassulas et autres succulentes, cactus, dragonniers…
Placés selon leurs besoins en eau et en lumière, les végétaux sont également mis en valeur en revoyant l’espace. Une estrade peut par exemple accueillir plusieurs plantes étoffées pour un effet de jungle luxuriante, tandis que les variétés à feuillage retombant trouvent leur place en hauteur, contre les murs ou même au plafond. Et pour renforcer l’effet relaxant, pourquoi ne pas ajouter une fontaine d’inspiration zen ?
Des finitions en raccord
Outre l’utilisation de végétaux, les matières, formes et couleurs évoquent elles aussi un retour au naturel. Les lignes organiques (ondulations, courbes) s’emparent du mobilier et du bâti pour plus de fluidité, tandis que certains matériaux, comme le bois, le lin, la pierre, le bambou, le jonc de mer, la laine ou encore l’osier, respirent l’authenticité sur des revêtements, de la petite décoration (coussins, plaids, tapis) ou des meubles.
Côté palette, on mise sur les nuances de blanc – toujours une bonne idée pour renforcer le côté lumineux d’une pièce –, mais aussi sur les teintes terreuses comme l’ocre, le terra cotta et beige sable qui apportent chaleur et profondeur tout en flattant les plantes vertes.
Par ailleurs, si la pièce n’est pas suffisamment exposée pour l’épanouissement de végétaux, il est possible de tricher un peu, en réalisant une fresque florale à main levée ou en apposant du papier peint à motif végétal. Et les fausses plantes ?
Pourquoi pas, à condition d’éviter le plastique, qui est peu ou prou leur antithèse. On se tournera plutôt vers des alternatives en papier, au rendu plus assumé et créatif.
