Aérovoltaïque, le nouveau photovoltaïque

S’il se confond facilement avec le photovoltaïque, l’aérovoltaïque a l’avantage de chauffer et de ventiler l’habitat en plus de produire de l’électricité. C’est en revanche une installation coûteuse dont le rendement énergétique reste à améliorer.

Si le photovoltaïque est désormais une technologie bien connue et en constante progression depuis plusieurs années, l’aérovoltaïque s’impose comme le petit nouveau en matière d’énergie solaire. Ce système hybride combine l’efficacité des panneaux photovoltaïques et thermiques pour à la fois produire de l’électricité et chauffer l’habitat. Cette innovation a ainsi pour prétention d’exploiter 80 % du potentiel solaire au lieu de 20 % pour le photovoltaïque seul. Une solution intéressante mais qui reste encore très coûteuse…

Un système deux en un

L’aérovoltaïque permet de fournir de l’électricité dans la maison, mais également de récupérer l’énergie thermique produite par les rayons du soleil pour chauffer l’habitation. Avec cette méthode, les deux faces du panneau solaire sont optimisées pour multiplier ses performances. Ainsi, elle permet d’augmenter la production d’électricité de 10 % par rapport à un équipement photovoltaïque classique. Elle offre aussi un système de rafraîchissement de l’air l’été, car elle combine les fonctions de chauffage et de climatisation. Enfin, cette technologie permet de ventiler l’habitat et de le purifier, en filtrant l’air extérieur insufflé à l’intérieur du logement.

À quel prix ?

Si l’aérovoltaïque est un système tout-en-un plutôt intéressant pour réduire sa facture énergétique, c’est toutefois une installation très coûteuse, bien plus d’ailleurs que le photovoltaïque.

Le prix correct de cet aménagement oscille entre 15 000 et 18 000 € TTC pour des panneaux offrant 3 kWc (kilowatt-crête, l’unité de mesure de ces kits solaires), environ 24 000 € pour un 6 kWc et 40 000 € pour un 9 kWc. Évidemment, tout dépend ici du matériel posé, des difficultés liées à l’installation et des entreprises qui sont encore très peu nombreuses à proposer ce type de panneaux solaires, et donc très peu compétitives.

Quelle rentabilité ?

Tout comme le photovoltaïque, la rentabilité de votre équipement aérovoltaïque va d’abord dépendre de votre lieu d’habitation. En effet, la production d’énergie sera plus performante si votre maison bénéficie d’un ensoleillement important tout au long de la journée et de l’année.

De même, l’isolation de votre habitat va beaucoup jouer : les logements anciens ont davantage tendance à minimiser les effets bénéfiques de ce type d’aménagement, à l’inverse des logements neufs ou rénovés répondant aux normes RT2012.
Quant à l’aspect financier, l’Ademe a réalisé une étude démontrant que les économies pour le chauffage sont seulement de 3 à 10 % pour les maisons anciennes et jusqu’à 27 % dans le neuf. Aussi, il ne faut pas vous attendre à rentabiliser votre investissement avant sept ou huit ans après la pose des panneaux solaires.
Il faut donc bien penser l’aérovoltaïque comme un système complet qui permet de faire des économies d’électricité et de chauffage, mais surtout qui offre en supplément une meilleure qualité de l’air intérieur et un effet de climatisation l’été. Si seules les performances énergétiques vous intéressent, il est plus judicieux de se tourner vers le photovoltaïque, moins cher et plus compétitif à l’heure actuelle.

Un équipement éligible au crédit d’impôt

Depuis 2014, le photovoltaïque ne bénéficie plus du crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE). Ce n’est heureusement pas le cas pour l’aérovoltaïque qui vous permet de déduire de votre impôt sur le revenu une partie des dépenses engagées pour l’installation de cet équipement. En revanche, le montant maximum accordé est de 1 200 € jusqu’à la fin de l’année 2019. Une somme très modique pour un aménagement qui coûte plusieurs milliers d’euros…